Portraits d'Alumni

Cette première Journée sera l'occasion pour les anciens diplômés de l'UFR des Lettres et Sciences Humaines de renouer avec l'université. Pour les étudiants en cours de formation, elle sera un moment privilégié d'échange et de partage, destiné à leur montrer que les perspectives de carrières, à l'issue de leur cursus, peuvent être riches et parfois atypiques. 

 

Le parrain de la Journée : 

Bruno PUTZULU, acteur et ancien étudiant LSH

 

Christel POMAR – Département HISTOIRE

 

 

Après l'obtention de mon Master "Aménagement et Gestion du Patrimoine Naturel et Culturel" à l'Université de Rouen, j'ai été embauchée en CDD (un an) au sein du Ministère de la Culture et de la Communication à Paris. J'ai été amenée à organiser un colloque national sur les Cinquante ans de loi Malraux, et d'en rédiger les actes. Après ce CDD, j'ai cherché du travail pendant un an en concentrant mes recherches en Seine-Maritime, puis dans tout le quart nord-ouest de la France. 
J'ai finalement trouvé un emploi en juin 2014 à Blois (CDD 6 ans). Je suis aujourd'hui animatrice du patrimoine pour le public scolaire au sein du Centre des Ressources Pédagogiques sur le patrimoine historique de la ville de Blois. Le Centre travaille en étroite collaboration avec l'Éducation Nationale, puisque nous accueillons des classes de maternelles, de primaires et des SEGPA de la ville, du département voire d'autres régions. Nous avons une vingtaine de thèmes sur diverses époques en lien avec le programme scolaire. 

Pour moi, le patrimoine est une véritable passion. J'ai toujours réussi à trouver des emplois, mêmes saisonniers, dans ce domaine. Aujourd'hui mon emploi correspond exactement à ce que je recherchais à la suite de mon master Patrimoine obtenu à l'Université de Rouen. Mes études et mon travail sont donc en liens. Cependant, en plus de mes compétences historiques et patrimoniales, j'ai reçu une formation de type "pédagogie en milieu scolaire" par mon employeur. Néanmoins, les cours dispensés en master Patrimoine m'ont beaucoup aidée lors de mon CDD au sein du Ministère de la Culture et de la Communication, surtout les cours de droit du patrimoine. 

 

Un conseil pour les futurs diplômés : ne vous découragez pas ! Si le patrimoine est votre passion, vous trouverez un métier dans ce domaine ; néanmoins ne vous attendez pas à rouler sur l'or, ni à trouver directement après le master, un emploi. De plus, n'hésitez pas à passer les concours, même s'ils restent difficiles. 

 

 
 
Julia DUCHEMIN - Département MÉTIERS DE LA CULTURE
 
 
Je suis actuellement chargée de mission pour coordonner une étude sur la reconversion d'une friche rurale en milieu culturel, mais je travaille le plus souvent dans la production de spectacles vivants (ce qui couvre beaucoup de fonctions différentes). J'aime varier mes missions.
J'ai suivi une formation en "Métiers de la Culture" au niveau master, après une licence d'anglais LLCE et une licence en linguistique française, mention FLE. Je travaille aujourd'hui dans le secteur culturel avec des partenaires internationaux. 
 
Ma formation au sein du master "Métiers de la Culture" a été indispensable pour acquérir une solide culture générale et des compétences spécifiques (construction d'un budget, rédaction de projets, de contrats, management...). Mon niveau d'anglais et ma connaissance de la civilisation anglo-saxonne me permettent de travailler avec aisance au niveau international, avec des compagnies anglaises ou européennes. Mon passage en linguistique me renvoie à une grande curiosité envers les langues, mais aussi vers la pédagogie souvent nécessaire pour développer un projet (savoir expliquer, savoir préparer une session, une présentation...).
 
Futurs diplômés, ne négligez jamais l'importance des expériences acquises sur le terrain, au cours d'un stage, d'un travail, d'un engagement associatif. J'ai fait mes premières armes administratives au sein de mon association et j'ai beaucoup appris sur la vie au travail pendant mes jobs d'été, ce qui m'a préparée à affronter la vie professionnelle. Ayez aussi du recul sur votre vie universitaire : sortez parfois le nez de la liste de lecture pour faire le point sur ce que vous avez appris en cours, à la BU ou en asso en termes de compétences que vous pourriez réutiliser dans un autre contexte.
 
 

 Thomas HAMMOUDI - Département HISTOIRE

J'ai effectué mes études à l'Université de Rouen entre 2007 et 2012. J'ai commencé par une licence d'histoire, à l'origine pour passer le CAPES, mais j'ai changé de cap en cours de route. La masterisation des concours ne m'inspirait pas du tout, et j'ai préféré me rediriger vers la filière patrimoine (dont j'ai suivi le parcours dès la seconde moitié de ma licence). J'ai donc fait le master "Gestion et Aménagement du Patrimoine Culturel et Naturel" de l'Université de Rouen. Sur lequel je garde un avis un peu mitigé. À l'époque, faute de moyens, nous avions peu d'intervenants professionnels, et un niveau parfois inférieur à ce que l'on aurait été en droit d'attendre d'un tel master. Cependant, j'ai pu y rencontrer des enseignants très motivés qui m'ont suivi lors de mon projet de mémoire sur la numérisation du patrimoine. 

J'ai complété ce master par le M2 "Technologies Numériques Appliquées à l'Histoire" de l'École Nationale de Chartes. 
Une fois ces études terminées, j'ai pu travailler dans différentes institutions, toujours en mêlant le monde de l'histoire et le patrimoine. J'ai pu travailler au Ministère de la Culture, à la Bulac (une bibliothèque universitaire), dans une société privée, etc. J'ai occupé des postes d'ingénieur d'études ou de chargé de projet. 

Actuellement, je suis chef de projets pour la société Numen Digital, une entreprise qui offre des prestations de numérisation en masse. Je travaille principalement sur des projets patrimoniaux, comme celui de la BNF, visant à alimenter Gallica. 

 

 
Kevin MILLET - Département L.E.A.

La seule expérience réellement intéressante vis-à-vis du cursus LEA a été d'être prof' d'anglais dans l'enseignement privé dans le cadre d'un remplacement. Évidemment savoir parler anglais était nécessaire, tout comme avoir de bonnes notions en informatique. Passer des heures à traduire des textes ou à tenter de comprendre la grammaire anglaise m'a donc été bien utile, ainsi que connaître l'actualité du monde anglophone. Je n'irai pas jusqu'à dire que suivre un cursus LEA permet d'être prof', surtout pour ce qui concerne les aspects pédagogiques, mais il permet de s'adapter rapidement à un milieu pour lequel on n'est pas destiné. 

Aux futurs diplômés, je dirai qu'il ne faut pas avoir peur d'oser voir plus loin que ce que propose le cursus ; LEA est un cursus très généraliste à mon sens (même s'il a tendance à devenir de plus en plus spécialisant au fil des années) tout en étant une bonne formation : par exemple, on est tout à fait apte à travailler dans le commerce, mais sur le papier on sera toujours en dessous des "Business Schools" ; et cela vaut également pour l'enseignement ; on sera toujours en dessous des personnes ayant passé le CAPES, mais ça reste largement possible de percer dans le milieu que l'on souhaite intégrer, surtout si on parvient à obtenir des stages de fin d'études intéressants ou si on est prêt à effectuer une autre formation à la suite du cursus. 

 

 

Bénédicte RYCKMANS - Département MÉTIERS DE LA CULTURE

Après deux ans de master professionnel Métiers de la Culture, je suis désormais attachée d'administration dans une compagnie d'arts de la rue qui, en plus d'un travail de création et de diffusion de ses propres spectacles, organise un festival d'arts de la rue une fois par an à Paris. "Attachée d'administration", c'est un terme un peu fourre-tout, qui recouvre en fait une grande polyvalence : en gros, je touche à tout ce qui concerne l'argent de la compagnie, qu'il rentre ou qu'il sorte. Ça peut donc aller de l'élaboration des factures à la paie des intermittents, en passant par la rédaction des dossiers de demande de subvention.

En ce qui me concerne, les compétences acquises ou approfondies pendant ma formation me sont utiles au quotidien, même si c'est parfois de manière impalpable (il peut s'agir de réflexes acquis, d'un esprit critique...). Au contraire, parfois, les compétences que je mobilise sont très "techniques", comme la connaissance des réseaux de financement de la culture, de la comptabilité ou de la production d'écrits professionnels. 

Si je devais donner quelques conseils aux futurs diplômés LSH, ce serait tout d'abord de faire confiance aux compétences acquises pendant les études. On se sent toujours plus "bête" qu'on ne l'est, quand on en sort ! Mais, confronté au milieu du travail, on a des ressources insoupçonnées qui se réveillent. Pour autant, il ne faut jamais se contenter de sa formation. Ça peut se traduire, par exemple, par le fait de multiplier, en parallèle de ses études, les projets, les engagements associatifs, les rencontres. Et une fois qu'on en a fini avec la fac, il ne faut surtout pas sous-estimer la puissance de la formation "sur le tas" ! Et oui, avec cette formation et les métiers auxquels elle vous destine, vous êtes condamnés à ne jamais cesser d'apprendre : voilà la plus grande leçon que j'ai apprise en arrivant dans le monde du travail. Il faut donc bien muscler sa curiosité intellectuelle !

 

 

Déborah LÉVY - Master recherche SHS, Arts, Histoire, Patrimoine

 Quelques mots sur votre métier actuel?

Ingénieure d’études de formation et de recherche (concours ITRF de la fonction publique d’Etat- Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche), j’ai piloté une cellule de validation d’acquis de l’expérience (formation continue pour adulte) à l’université Paris Descartes pendant 5ans. C’est dans ce cadre que j’ai développées des méthodologies de l’écrit et de l’oral toute discipline confondue en valorisant les compétences acquises par les candidats au travers de leurs expériences professionnelles, tout en continuant à donner des cours particuliers en histoire niveau 1ere, Terminale, a encadré des mémoires de Masters en free lance, et a cogéré une association de mémoire et d’histoire. Puis j’ai souhaité mettre à profit ces années de méthodologue et de porteur de projets pédagogiques pour enseigner dans le secondaire (collège et lycée) car selon moi il est plus facile d’enseigner à des élèves lorsque le recul est suffisamment ancré dans la pratique didactique. C’est donc grâce à ces expériences d’ingénieure pédagogique et d’enseignante dans l’enseignement supérieur puis secondaire que l’on m’a proposé le poste que j’occupe actuel de chargée de mission formation et pédagogie auprès de la conférence de présidents d’université. C’est en quelque sorte un poste de consultant : j’analyse les politiques publiques en matière de formation et rédige des avis, notes, rapports ; j’anime des comités techniques ; j’organise des colloques ;  j’effectue une veille documentaire et législative à destination des membres de la commission dont j’ai la charge. Ce travail s’effectue à destination des présidents d’universités de concert avec les vice-présidents formation des universités, le réseau de la formation continue universitaire, le réseau de l’orientation-insertion des universités, le ministère de l’enseignement supérieur et les branches professionnelles. 

Y a t'il un lien entre votre métier actuel et votre formation à l'UFR?

Effectivement le lien n’est a priori pas visible quant au fond (excepté pour le métier d’enseignante en histoire dans le secondaire) mais il est évident que les compétences transversales acquises au travers d’une formation de qualité quant à l’analyse de situation, la synthèse de document, le rapport à l’écrit et à l’oral, la problématisation, la perception d’enjeux, la recherche de l’information, le croisement disciplinaire, la mobilisation d’outils divers, l’utilisation des technologies de l’information, la précision du propos, la logique de réflexion, l’anticipation, la vision de long terme, la maitrise des échelles de pensée, l’art du discours et de la négociation (voire la maitrise d’autres langues et connaissance d’autres cultures…) ont été de sérieux atouts !

Quelle est l'importance des stages en formation ?

Pour ma part, je n’ai fait aucun stage à part le stage d’observation en collège lors de mon année à l’IUFM de Rouen en préparation du CAPES (et de l’agrégation) en 2006 ; ce qui m’a amenée à ne pas me présenter aux concours … Dure réalité ! En revanche, mes expériences bénévoles ont été très formatrices… Je tiens en outre à préciser que les vacations et les contrats réalisés lors de mes études auprès du département d’histoire à Rouen ont été des expériences fortement appréciées par mes 1ers recruteurs : tutrice d’accueil, vacataire de scolarité, vacataire de bibliothèque, tutrice d’accompagnement méthodologique, chargée de TD.

Quelles compétences?

Pour vous répondre, je reprendrai donc ma fiche de poste actuel. Vous pourrez alors largement croiser mes compétences avec celles que j’ai le sentiment d’avoir acquise au sein de mes 5 ans au département d’histoire (voir réponse de la question 2) :

  • Grande disponibilité et intérêt pour la mission de service public d’éducation
  • Sens de la diplomatie, du contact, de l’écoute, de la discrétion, aptitude à communiquer
  • Capacité d’initiative, de responsabilité et d’autonomie, sens de l’organisation
  • Goût et pratique du travail en équipe
  • Esprit d’analyse et de synthèse, bonnes capacités rédactionnelles 
  • Compétence en animation de réunions et pilotage de projets
  • Maîtrise des principaux logiciels de bureautique (traitements de textes, tableurs et autres)
  • Compétence souhaitée en langues (anglais)
  • Expérience en pédagogie fortement appréciée
  • Pratique antérieure dans l’enseignement supérieur très utile.

J’espère que le département d’histoire saura valoriser les compétences de ses étudiants au travers de leur supplément au diplôme, document indispensable aujourd’hui pour favoriser leur insertion et leur mobilité internationale.

 

 Un conseil à donner aux futurs diplômés LSH?

Ne doutez jamais de vous…n’oubliez pas les conseils de vos profs…utilisez toute expérience dans votre CV même bénévole pour vous valoriser…soyez inventif… Sachez que, vous, au moins vous savez écrire, parler et réfléchir à l’heure de l’immédiateté, du texto et de l’uniformisation des cerveaux ! Et comme disait un de mes profs de Master : «  le savoir c’est le pouvoir » !

Gardez le cap moussaillons ☺